
Je suis d’accord avec Olivia de Lamberteri, critique du Elle, qui dit au Masque et la Plume (emission de France Inter) en novembre 2014 que le livre est une bonne idée qui reste une bonne idée. En revanche, les trois autres critiques étaient plein d’éloges. Une autre critique a proposé de ne pas considérer cette oeuvre comme une oeuvre politique seulement mais de ne pas oublier son aspect très littéraire et le fait qu’il s’agit d’un mirroir de l’oeuvre de Camus.
Peut-être que cela peut me réconcilier avec ce livre que je trouve un peu pompeux et ennuyeux sauf la dernière partie ou l’auteur enfin parle de l’Algérie d’aujourd’hui. La voix du narrateur ne me semble jamais être la voix d’un homme de 80 ans mais plutôt celle de l’auteur lui-même, donc ca ne marche pas vraiment pour moi. Je trouve les clins d’oeil à Camus un peu clichés et la prose beaucoup moins belle que celle de Camus.
Pourquoi ces prénoms? Haroun est un dérivé de Aaron – Moussa de Moise – et Merriem de Miriam et il y a ce Joseph. On sait que Moise avait un léger begaiement et donc c’était Aaron qui parlait pour lui. On sait aussi que Miriam a sauvé Moise en le mettant à l’eau dans un berceau. Est-ce-que cette Miriam sauve Moussa en le ramenant à son berceaau par l’intermédiaire du livre qu’elle apporte à Haroun? Est-ce-que Haroun tue Joseph, toujours representé dans l’iconographie chrétienne en tant que juif, le juif? Est-ce-que Haroun tue Joseph, le pseudo père de Jesus, pour interdire la rédemption des chretiens colonisateurs? Moussa/Moise ne voit pas la terre promise – l’Algérie libérée – et Haroun/Aaron non plus parce que l’Algérie libérée n’est pas la terre espérée…





