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La Cousine Bette

4 thoughts on “La Cousine Bette

  1. Francine

    Comme souvent avec d’autres livres, je n’étais pas enthousiasmée par la chère Cousine Bette. Mais notre discussion révèle toujours des aspects d’un roman qui m’échappe et j’en viens à changer mon avis sur le livre. Les personnages dans la Cousine Bette sont absolument horribles les uns envers les autres, odieux. Je me demandais si tout le monde dans ce milieu agissait de cette façon. Mais Balzac nous donne un aperçu d’une classe sociale spécifique, ces petits gens qui sont tout de même d’une certaine aisance.
    Ce qui m’a finalement fasciné, c’est le rôle des femmes. Malheureusement, à cette époque, la seule façon d’avancer était de marier quelqu’un avec de l’argent ou bien d’être entretenue par un duc ou autre personnage aisé. La pauvre Cousine Bette était laide, sans argent d’où sa haine, sa rage, sa jalousie. Elle ne pouvait pas, comme aujourd’hui, s’oublier dans son travail.
    Nous discutions aussi la place des commérages et aujourd’hui, en tant que femmes, nous avons la possibilité de quitter notre maison tous les jours, aller au travail, ce qui n’est pas le cas du tout à l’époque, vers 1846, 1848. L’univers d’une famille, en particulier les femmes était assez restraint ce qui explique la place assez ample des commérages.

  2. Diane Conley

    C’est vrai que les personnages de La cousine Bette ne sont pas sympathiques. Même la baronne Hulot ne l’est pas, car elle se laisse abuser à un tel point qu’on s’impatiente contre elle. Mais s’ils ne sont pas sympathiques, les personnages du roman sont quand même inoubliables. En effet, les personnages principaux sont des personnifications extrêmes de certains traits : Bette est obsédée par la jalousie et la haine, le baron Hulot par ses désirs sexuels, et la baronne Hulot par son sens du devoir conjugal. Ces personnages représentent donc l’essence même des traits de caractère qui intéressent tellement Balzac.

    La cousine Bette est considéré un classique du roman réaliste, et en le lisant on a l’impression d’entrer complètement dans le Paris du mileu du 19e siècle. Balzac nous présente la société parisienne dans toute sa complexité: les différentes classes sociaux, la gamme des professions, et une grande variété de relations familiales et personnelles. En plus, il décrit les gens (leurs aspects physiques, leurs vêtements) et les mileux (les intérieurs des appartements, par exemple) dans les moindres détails. Si on a tendance parfois à penser que les personnages de Balzac ne sont pas réalistes, ils semblent tout à fait vivants dans ce cadre détaillé.

  3. Habiba

    Les personnages ont-il nécessairement besoin d’être attachants? Doit-on s’identifier aux personnages? Il y a des anti-héros qui sont inoubliables tellement ils sont odieux. Comme la cousine Bette ou… Meursault !

  4. Patricia Sokolski Post author

    Même si les personnages ne sont pas très attachants, les phrases sont superbes…

    Madame Hulot dit à son mari:
    “- Mon ami, reprit Adeline en faisant un dernier effort, s”il te faut absolument des maîtresses, pourquoi ne prends-tu pas, comme Crevel, des femmes qui ne soient pas chères et dans une classe à se trouver longtemps heureuses de peu. Nous y gagnerions tous. Je conçois le besoin, mais je ne comprends rien à la vanité.”

    “Le Vice n’obtient pas facilement ses triomphes; il a cette similitude avec le Génie qu’ils exigent tous deux un concours de circonstances heureuses pour opérer le cumul de la fortune et du talent.”

    Ou encore,

    “Je suis la baronne Hulot, la belle-soeur d’un maréchal de France, je n’ai pas commis la moindre faute, mes deux enfants sont établis, je puis attendre la mort, enveloppée dans les voiles immaculées de ma pureté d’épouse, dans le crêpe de mon bonheur évanoui.”

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